Escroqueries à l’emploi : J’ai infiltré des escrocs Pôle Emploi

Escroqueries à l'emploi : J’ai infiltré des escrocs Pôle Emploi

Escroqueries à l'emploi ! Depuis plusieurs mois, des escrocs utilisent Pôle Emploi pour attirer dans leur piège des chômeurs. Durant plusieurs jours j’ai infiltré les fausses entreprises et les services proposés par ces pirates. Vous êtes au chômage et en difficulté ? Ils s’en foutent !

Infiltration d’escroqueries à l emploi ! En juin 2018, j’ai été invité par Pôle Emploi pour parler numérique et cybersécurité avec des demandeurs d’emploi. Un rendez-vous bénévole afin d’aider ceux qui en ont besoin, pas vraiment rassurés devant un clavier, un écran, et le web.

Quelques jours après mes interventions, six participants vont m’alerter d’un message qu’il venait de recevoir d’un étrange correspondant. “L’individu a utilisé mon adresse mail dédié à Pôle Emploi” va me souligner l’un de mes témoins, Xavier [prénom d’emprunt]. Il s’était souvenu d’une de mes recommandations : avoir une adresse électronique pour chaque service web utilisé. Ni une, ni deux, je me suis mis dans la peau de Xavier.

Escroqueries à l'emploi : tout commence par mail

Lundi 9 juillet, je réponds au message douteux : “Bonjour, J’ai vu votre CV sur Pôle Emploi et j’aimerai vous proposer un travail bien rémunéré. Si vous êtes toujours disponible merci de me répondre.“. La proposition ne va pas plus loin. L’interlocuteur hameçonne, gentiment.

Quelques heures plus tard, le contact est pris. Mon interlocuteur (A), il se fait appeler Jean-Jacques Musset, m’explique qu’il est propriétaire de plusieurs logements. Il doit se faire soigner et a besoin d’une personne de confiance pour toucher ses loyers. “Les loyers de mes locaux sont payés par chèque bancaire pour laisser une preuve de paiement. Il n’y aura pas d’entretien jusqu’à mon retour en France car mon départ est dans quelques jours, Il y aura un essai pour voir votre performance, dynamisme et votre efficacité dans l’accomplissement de ce travail. Vous serez rémunéré immédiatement à 200€ une fois le chèque encaisser. Le reste de la différence vous l’enverrez directement à mon architecte puisque j’ai actuellement une autre construction en cours.“

Mais avant de toucher le premier chèque, il faut montrer patte blanche. “Question de confiance” indique JJM (A). Il me réclame donc dans un second courriel mon identité, mon adresse, mon téléphone… et si je suis propriétaire d’un compte bancaire courant ou d’un livret A. Je lui réponds ! Il reçoit mon identité, une adresse postale (merci à la poste pour la Boite Postale) et un numéro de téléphone (Merci à OnOff) pour le numéro qui sera utilisé dans mon infiltration. “Vous n’avez pas à vous déplacer, je vous mettrai en contact avec mes locataires et les chèques vous seront transmis par courrier.” termine cette missive.

Escroqueries à l'emploi : premier contact téléphonique

Au bout de la ligne un homme (B – écoutez le dans la vidéo ci-dessous), il semble avoir la vingtaine et se dit l’avocat de JJM. Il parle avec un fort accent africain et me demande de confirmer mon adresse postale. Le lendemain matin, second appel. Il ne s’agit plus de mon premier interlocuteur téléphonique. Cette fois (C – écoutez le dans la vidéo ci-dessous), il a moins d’accent, même si ce dernier est toujours bien présent. Son vocabulaire est plus riche. Il me demande si j’ai bien été contacté par son avocat ! Je lui confirme la prise de contact. A noter que mes deux intervenants utilisent la même ligne téléphonique, un numéro Transatel mis en service en 2014...

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